09.06.2010
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Une « Décennie » pour faire bouger l'éducation au développement durable

Olivier Laboulle est membre de la sec­tion de coor­di­na­tion de la Décennie des Nations Unies pour l'éducation au ser­vice du déve­lop­pe­ment durable à l'UNESCO (2005–2014). A mi-parcours, il fait le point sur ce programme.

Pourquoi cette « Décennie » ?

Tout a com­mencé en 2002, lors du som­met sur le déve­lop­pe­ment durable orga­nisé par les Nations Unies à Johannesbourg. Un plan d'actions a été adopté. Il sti­pule que sans un chan­ge­ment de valeurs et de com­por­te­ments de l'ensemble des citoyens, la lutte contre le chan­ge­ment cli­ma­tique ou la pro­tec­tion de la bio­di­ver­sité seraient vouées à l'échec. L'éducation au déve­lop­pe­ment durable (EDD) devient alors une prio­rité. Et trois ans plus tard, avec l'UNESCO comme chef de file, s'ouvre la Décennie des Nations Unies pour l'EDD dans l'objectif de sen­si­bi­li­ser tous les pays.

Quelles sont vos actions ?

L'UNESCO mène un tra­vail de lob­bying poli­tique. Nous cher­chons à tou­cher les hauts fonc­tion­naires, les ministres et les hommes d'influence des Etats pour qu'ils mettent en œuvre des poli­tiques d'EDD sur leur ter­ri­toire. Nous jouons le rôle de cata­ly­seur. Nos moyens d'influence ? L'organisation de grands ras­sem­ble­ments de ces acteurs natio­naux, comme en 2009, lors de la confé­rence mon­diale de Bonn sur l'éducation au déve­lop­pe­ment durable, où nous avons réuni 50 ministres de l'Education. Nous publions égale­ment des tra­vaux de recherche sur l'EDD. Mais aussi et sur­tout, nous menons un tra­vail de proxi­mité grâce à nos bureaux régio­naux et natio­naux qui oeuvrent dans plus de 40 pays.

Les ensei­gnants sont-ils direc­te­ment concer­nés par vos actions ?

Il s'agit d'une de nos cibles prio­ri­taires. Sans eux pas d'EDD. Mais il est dif­fi­cile de tou­cher le corps ensei­gnant qui est très dif­fé­rent d'un pays à l'autre. C'est pour­quoi nous avons choisi de nous adres­ser à leurs for­ma­teurs en créant en 2005, avec la Chaire UNESCO de l'Université de York au Canada, un réseau inter­na­tio­nal des repré­sen­tants des ins­ti­tuts de for­ma­tion qui compte aujourd'hui plus de 70 pays. Nous venons de les réunir au mois de mai lors d'un sym­po­sium inter­na­tio­nal. Nous sommes égale­ment par­te­naires de pro­jets concrets. Exemple en France avec le por­tail éduca­tif à des­ti­na­tion des ensei­gnants élaboré par Terra Project. Libre et acces­sible gra­tui­te­ment, c'est un véri­table outil de réfé­rence pour l'EDD, adapté aux exi­gences des pro­grammes de l'Education nationale.

Quel est le bilan de la Décennie à mi-chemin ?

Une chose est sûre, l'EDD est désor­mais entré dans les esprits, mais il est très dif­fi­cile de mesu­rer avec pré­ci­sion les pro­grès enre­gis­trés. Aujourd'hui, l'UNESCO sou­haite concen­trer ses efforts sur deux axes en par­ti­cu­lier : la for­ma­tion des ensei­gnants et le thème du chan­ge­ment cli­ma­tique qui est une porte d'entrée vers l'EDD. A plus long terme, un des objec­tifs serait de créer des struc­tures natio­nales pérennes en charge de l'EDD, inter­ve­nant dans tous les pays des Nations-Unies bien après la fin de la Décennie en 2014.

Stéphanie Cayrol


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