Revue de la semaine du 26 au 30 avril

28.04.2010

Angleterre : Elections législatives : les politiques éducatives au programme

Les élec­tions légis­la­tives du 6 mai pro­chain, en Angleterre, pour­raient bien son­ner le glas de 13 années de règne du parti tra­vailliste (ou "Labour"). En effet, la reine devra choi­sir le lea­der du parti ayant gagné les élec­tions légis­la­tives comme nou­veau Premier ministre. Actuellement, il s'agit du tra­vailliste Gordon Brown. Mais entre ce der­nier et le conser­va­teur David Cameron, les libéraux-démocrates menés par Nick Clegg pour­raient bien déci­der de l'issue du scru­tin en for­mant un gou­ver­ne­ment de coa­li­tion. L'incertitude foca­lise les inté­rêts de la nation sur les pro­grammes de cha­cun des trois prin­ci­paux par­tis. Les poli­tiques éduca­tives ne sont pas en reste. Les par­tis sont appa­rem­ment una­nimes sur un point : la néces­sité de réduire l'effectif des classes, pour amé­lio­rer les résul­tats sco­laires. Le parti conser­va­teur pré­voit de créer de plus petites classes avant tout dans les plus petites écoles, une option que les experts jugent irréa­liste à cause de son coût fara­mi­neux. Les par­tis affirment toute leur dif­fé­rence sur le pro­blème posé par les établis­se­ments sco­laires publics peu per­for­mants. Les conser­va­teurs veulent encou­ra­ger les parents à mettre en place leurs propres écoles indé­pen­dantes. Les tra­vaillistes eux veulent don­ner aux parents d'élèves la pos­si­bi­lité de voter l'éviction d'un "head­tea­cher" (pro­fes­seur res­pon­sable péda­go­gique d'un domaine d'éducation, par exemple un dépar­te­ment de langues vivantes) de son établis­se­ment. Enfin, les libéraux-démocrates comptent confier la ges­tion des "aca­de­mies" aux ins­tances locales-et non plus au gou­ver­ne­ment central- et à des spon­sors pri­vés. Quant au finan­ce­ment de l'enseignement public, il "ne s'élèvera pas aussi haut que les années pré­cé­dentes" pour les tra­vaillistes, les conser­va­teurs de leur côté se foca­li­se­ront sur la sau­ve­garde du sys­tème de santé, et la pro­messe des libéraux-démocrates de déblo­quer 2,5 mil­liards de livres sup­plé­men­taires pour l'éducation semble bien déma­go­gique. Pour réunir autant d'argent en effet, des pro­grammes de sou­tien sco­laire pré­exis­tants seraient néces­sai­re­ment recy­clés.
Source : The Guardian — 20 avril

28.04.2010

Belgique : le projet de décret Robin des Bois n'amuse pas

En Belgique, la Communauté fran­çaise dis­pose de ses propres par­le­ment, gou­ver­ne­ment et ser­vices publics. Elle a com­pé­tence en matière d'enseignement, culture, recherche, soins de santé, aide à la jeu­nesse et sports, pour quelque 4,2 mil­lions de Belges fran­co­phones (envi­ron 40 % de la popu­la­tion). Le 30 avril 2009, la Communauté votait une aide glo­bale de 40 mil­lions d'euros à des­ti­na­tion des "écoles en dif­fi­culté". Cette aide excep­tion­nelle devait notam­ment per­mettre l'embauche de plus de 550 ensei­gnants sup­plé­men­taires, de la mater­nelle au secon­daire. Mais entre-temps, les bud­gets ont été réduits. Pour tenir la pro­messe faite en 2009 en l'absence de moyens nou­veaux, la Ministre de l'Enseignement obli­ga­toire Marie-Dominique Simonet a récem­ment pro­posé à la Communauté fran­çaise un avant-projet de décret, selon lequel 60 % des écoles les plus favo­ri­sées aban­don­ne­raient une par­tie de leurs sub­ven­tions et de leur per­son­nel d'encadrement aux 25 % d'écoles les moins favo­ri­sées en 2010–2011; les 15 % d'écoles res­tantes ne seraient ni ponc­tion­nées, ni aidées. Cette pro­po­si­tion de décret, déjà sur­nommé décret "vases com­mu­ni­cants" ou décret "Robin des Bois", fait natu­rel­le­ment bon­dir les syn­di­cats et res­pon­sables sco­laires.
Source : Enseignons.be — 13 avril

28.04.2010

Etats-Unis : 100.000 à 300.000 postes d'enseignants supprimés en juin

L'enseignement public repré­sente près d'un quart des dépenses de chaque état amé­ri­cain. Avec la réces­sion, ces bud­gets sont en berne. Le secré­taire d'Etat amé­ri­cain à l'Education, Arne Duncan, estime que les coupes bud­gé­taires mettent en péril de 100 000 à 300 000 postes de l'enseignement public. Ces postes seraient sup­pri­més dès juin; les noti­fi­ca­tions offi­cielles ont déjà été envoyées. Pour Arne Duncan, le pays frôle "la catas­trophe sco­laire". L'année sco­laire 2010–2011 s'annonce comme la plus aus­tère depuis un demi-siècle. Même si des mesures d'urgence étaient adop­tées, cela ne ferait que repous­ser le pro­blème à l'année pro­chaine. Un bud­get extra­or­di­naire de sou­tien à l'éducation publique de 100 mil­liards de dol­lars (quelque 75 mil­liards d'euros) a déjà été voté par le Congrès en février 2009, mais près de deux tiers de cet argent a été uti­lisé cette année, pour sau­ver 5,5 % des postes d'enseignants dans le pays. Par ailleurs, on évalue aujourd'hui à 13 % le nombre de "super­in­ten­dents" (sorte de rec­teurs d'académies) qui songent à impo­ser une semaine de quatre jours dans leur cir­cons­crip­tion, pour réa­li­ser des écono­mies sup­plé­men­taires. Ils n'étaient que 2 % l'an der­nier à consi­dé­rer cette pos­si­bi­lité.


Source : NY Times — 21 avril

28.04.2010

Québec : la réforme scolaire met en danger les établissements publics spécialisés

La réforme sco­laire du Québec, annon­cée le 3 février der­nier par la ministre de l'Éducation du Québec, Michelle Courchesne, ren­contre de vives oppo­si­tions. Plusieurs uni­ver­si­tés de la région sont actuel­le­ment en grève contre les modi­fi­ca­tions pré­vues du calen­drier sco­laire. Les direc­teurs de cer­tains établis­se­ments secon­daires du public expriment égale­ment leur oppo­si­tion. En effet, le nombre d'heures obli­ga­toires dans les matières de base n'était, jusque-là, qu'indicatif. Le pro­jet de loi impo­se­rait un nombre d'heures dans les matières "fon­da­men­tales" : fran­çais, anglais, mathé­ma­tiques et éduca­tion phy­sique. Des quo­tas annuels de 720 heures au total pour le pri­maire, et 648 heures au secon­daire, seraient mis en place. Cette déci­sion met en dan­ger les établis­se­ments publics "à voca­tion", qui pro­posent des filières pro­fes­sion­na­li­santes comme sports-études. Ces écoles sacri­fient envi­ron 30% du temps prévu pour les matières obli­ga­toires, au béné­fice de leurs spé­cia­li­tés. Elles craignent un exode mas­sif vers le privé si la ministre per­siste dans son pro­jet, et appellent à une sus­pen­sion urgente du plan de rema­nie­ment sco­laire qué­bé­cois.
Source : La Presse — 12 mars

28.04.2010

Haïti : des repas offerts pour revenir en cours

Pour inci­ter les élèves à reprendre le che­min de l'école, 550 000 repas sont offerts chaque jour dans les écoles d'Haïti. Le Programme ali­men­taire mon­dial (PAM) est à l'origine de cette ini­tia­tive. "Il est dif­fi­cile de convaincre les parents de ren­voyer leurs enfants à l'école, ils ont peur qu'il y ait un autre séisme et que l'école s'effondre", explique Alejandro Chicheri, porte-parole du PAM. Avant même la catas­trophe, près de 25 % des enfants haï­tiens n'étaient pas sco­la­ri­sés. Depuis le 6 avril, les établis­se­ments sco­laires ont offi­ciel­le­ment rou­vert dans la capi­tale de Port-au-Prince. Mais plus de cent jours après la catas­trophe, per­sonne n'oublie que le trem­ble­ment de terre a causé au moins 220 000 morts — dont 1 350 ensei­gnants et 38 000 élèves...
Source : leparisien.fr- 21 avril