Revue de la semaine du 26 au 30 avril
Angleterre : Elections législatives : les politiques éducatives au programme
Les élections législatives du 6 mai prochain, en Angleterre, pourraient bien sonner le glas de 13 années de règne du parti travailliste (ou "Labour"). En effet, la reine devra choisir le leader du parti ayant gagné les élections législatives comme nouveau Premier ministre. Actuellement, il s'agit du travailliste Gordon Brown. Mais entre ce dernier et le conservateur David Cameron, les libéraux-démocrates menés par Nick Clegg pourraient bien décider de l'issue du scrutin en formant un gouvernement de coalition. L'incertitude focalise les intérêts de la nation sur les programmes de chacun des trois principaux partis. Les politiques éducatives ne sont pas en reste. Les partis sont apparemment unanimes sur un point : la nécessité de réduire l'effectif des classes, pour améliorer les résultats scolaires. Le parti conservateur prévoit de créer de plus petites classes avant tout dans les plus petites écoles, une option que les experts jugent irréaliste à cause de son coût faramineux. Les partis affirment toute leur différence sur le problème posé par les établissements scolaires publics peu performants. Les conservateurs veulent encourager les parents à mettre en place leurs propres écoles indépendantes. Les travaillistes eux veulent donner aux parents d'élèves la possibilité de voter l'éviction d'un "headteacher" (professeur responsable pédagogique d'un domaine d'éducation, par exemple un département de langues vivantes) de son établissement. Enfin, les libéraux-démocrates comptent confier la gestion des "academies" aux instances locales-et non plus au gouvernement central- et à des sponsors privés. Quant au financement de l'enseignement public, il "ne s'élèvera pas aussi haut que les années précédentes" pour les travaillistes, les conservateurs de leur côté se focaliseront sur la sauvegarde du système de santé, et la promesse des libéraux-démocrates de débloquer 2,5 milliards de livres supplémentaires pour l'éducation semble bien démagogique. Pour réunir autant d'argent en effet, des programmes de soutien scolaire préexistants seraient nécessairement recyclés.
Source : The Guardian — 20 avril
Belgique : le projet de décret Robin des Bois n'amuse pas
En Belgique, la Communauté française dispose de ses propres parlement, gouvernement et services publics. Elle a compétence en matière d'enseignement, culture, recherche, soins de santé, aide à la jeunesse et sports, pour quelque 4,2 millions de Belges francophones (environ 40 % de la population). Le 30 avril 2009, la Communauté votait une aide globale de 40 millions d'euros à destination des "écoles en difficulté". Cette aide exceptionnelle devait notamment permettre l'embauche de plus de 550 enseignants supplémentaires, de la maternelle au secondaire. Mais entre-temps, les budgets ont été réduits. Pour tenir la promesse faite en 2009 en l'absence de moyens nouveaux, la Ministre de l'Enseignement obligatoire Marie-Dominique Simonet a récemment proposé à la Communauté française un avant-projet de décret, selon lequel 60 % des écoles les plus favorisées abandonneraient une partie de leurs subventions et de leur personnel d'encadrement aux 25 % d'écoles les moins favorisées en 2010–2011; les 15 % d'écoles restantes ne seraient ni ponctionnées, ni aidées. Cette proposition de décret, déjà surnommé décret "vases communicants" ou décret "Robin des Bois", fait naturellement bondir les syndicats et responsables scolaires.
Source : Enseignons.be — 13 avril
Etats-Unis : 100.000 à 300.000 postes d'enseignants supprimés en juin
L'enseignement public représente près d'un quart des dépenses de chaque état américain. Avec la récession, ces budgets sont en berne. Le secrétaire d'Etat américain à l'Education, Arne Duncan, estime que les coupes budgétaires mettent en péril de 100 000 à 300 000 postes de l'enseignement public. Ces postes seraient supprimés dès juin; les notifications officielles ont déjà été envoyées. Pour Arne Duncan, le pays frôle "la catastrophe scolaire". L'année scolaire 2010–2011 s'annonce comme la plus austère depuis un demi-siècle. Même si des mesures d'urgence étaient adoptées, cela ne ferait que repousser le problème à l'année prochaine. Un budget extraordinaire de soutien à l'éducation publique de 100 milliards de dollars (quelque 75 milliards d'euros) a déjà été voté par le Congrès en février 2009, mais près de deux tiers de cet argent a été utilisé cette année, pour sauver 5,5 % des postes d'enseignants dans le pays. Par ailleurs, on évalue aujourd'hui à 13 % le nombre de "superintendents" (sorte de recteurs d'académies) qui songent à imposer une semaine de quatre jours dans leur circonscription, pour réaliser des économies supplémentaires. Ils n'étaient que 2 % l'an dernier à considérer cette possibilité.
Source : NY Times — 21 avril
Québec : la réforme scolaire met en danger les établissements publics spécialisés
La réforme scolaire du Québec, annoncée le 3 février dernier par la ministre de l'Éducation du Québec, Michelle Courchesne, rencontre de vives oppositions. Plusieurs universités de la région sont actuellement en grève contre les modifications prévues du calendrier scolaire. Les directeurs de certains établissements secondaires du public expriment également leur opposition. En effet, le nombre d'heures obligatoires dans les matières de base n'était, jusque-là, qu'indicatif. Le projet de loi imposerait un nombre d'heures dans les matières "fondamentales" : français, anglais, mathématiques et éducation physique. Des quotas annuels de 720 heures au total pour le primaire, et 648 heures au secondaire, seraient mis en place. Cette décision met en danger les établissements publics "à vocation", qui proposent des filières professionnalisantes comme sports-études. Ces écoles sacrifient environ 30% du temps prévu pour les matières obligatoires, au bénéfice de leurs spécialités. Elles craignent un exode massif vers le privé si la ministre persiste dans son projet, et appellent à une suspension urgente du plan de remaniement scolaire québécois.
Source : La Presse — 12 mars
Haïti : des repas offerts pour revenir en cours
Pour inciter les élèves à reprendre le chemin de l'école, 550 000 repas sont offerts chaque jour dans les écoles d'Haïti. Le Programme alimentaire mondial (PAM) est à l'origine de cette initiative. "Il est difficile de convaincre les parents de renvoyer leurs enfants à l'école, ils ont peur qu'il y ait un autre séisme et que l'école s'effondre", explique Alejandro Chicheri, porte-parole du PAM. Avant même la catastrophe, près de 25 % des enfants haïtiens n'étaient pas scolarisés. Depuis le 6 avril, les établissements scolaires ont officiellement rouvert dans la capitale de Port-au-Prince. Mais plus de cent jours après la catastrophe, personne n'oublie que le tremblement de terre a causé au moins 220 000 morts — dont 1 350 enseignants et 38 000 élèves...
Source : leparisien.fr- 21 avril


