Revue de la semaine du 12 au 16 avril

14.04.2010

Inde : Le droit à l'éducation inscrit dans la loi

En 2002, l'Inde adop­tait le 86ème amen­de­ment de sa Constitution, qui affir­mait le carac­tère "fon­da­men­tal" du droit à l'éducation. Mais il a fallu attendre le 1er avril der­nier pour qu'une loi ins­pi­rée de ce prin­cipe entre en appli­ca­tion. Elle oblige les pou­voirs locaux à pour­voir gra­tui­te­ment à l'éducation de tous les enfants de 6 à 14 ans de leur juri­dic­tion, dans une école de proxi­mité. Les écoles pri­maires, par exemple, devront se trou­ver à moins de trois kilo­mètres de marche depuis le quar­tier de rési­dence. Des enquêtes de ter­rain per­met­tront d'établir une carte sco­laire pour les affec­ta­tions, et d'ouvrir de nou­velles écoles au besoin. D'après le minis­tère indien de l'éducation, 4,6% de la classe d'âge concer­née (soit envi­ron 9 200 000 enfants) sont actuel­le­ment en dehors du sys­tème éduca­tif. Les auto­ri­tés locales devront réper­to­rier tous ces enfants qui n'ont jamais été en contact avec l'enseignement public, ou qui l'ont quitté trop tôt. Ils seront inté­grés dans les classes après une période de remise à niveau. Une aide gou­ver­ne­men­tale glo­bale de 250 mil­liards de rou­pies (quelque 4,2 mil­liards d'euros) sera accor­dée aux ins­ti­tu­tions régio­nales pour ini­tier le pro­ces­sus. Le gou­ver­ne­ment estime qu'il lui fau­dra déblo­quer 1 710 mil­liards de rou­pies (quelque 28,8 mil­liards d'euros) sur les cinq ans à venir, pour la réa­li­sa­tion de tous les objec­tifs de la loi. Elle sti­pule égale­ment que les établis­se­ments pri­vés devront réser­ver un quart de leurs places à des enfants issus des couches sociales les plus défa­vo­ri­sées. Cette dis­po­si­tion est qua­li­fiée d'anticonstitutionnelle par un col­lec­tif de l'enseignement privé, qui tente un recours auprès de la Cour suprême de jus­tice. Des décrets pré­voient par ailleurs l'obligation de non-discrimination (aucune école ne pourra refu­ser d'élèves), la for­ma­tion de tous les ensei­gnants non qua­li­fiés d'ici trois ans, la confor­mité des infra­struc­tures à de nou­velles normes, ou encore l'existence d'un ter­rain de jeux dans chaque école... Enfin, les pou­voirs locaux et fédé­raux devront veiller à ce qu'aucun enfant ne soit mal­traité en classe pour des rai­sons de sexe, de caste ou de reli­gion. Un spot télé­visé gou­ver­ne­men­tal sera dif­fusé pour sen­si­bi­li­ser la popu­la­tion à la nou­velle régle­men­ta­tion.


Source : The Times of India — 1er avril

14.04.2010

Québec : mieux connaître les spécialistes de l'éducation

Un son­dage récent indique que 42 % des Québécois sont inca­pables de nom­mer des "pro­fes­sion­nels du milieu de l'éducation" de leur pro­vince. Parmi eux, les psy­choé­du­ca­teurs, un corps de métier inconnu en France. La psy­choé­du­ca­tion a vu le jour au Québec au milieu des années cin­quante, en réponse au besoin crois­sant d'intervenir auprès des enfants pla­cés en foyer, ou pré­sen­tant des troubles émotion­nels graves, des jeunes incar­cé­rés en pri­son... Ses domaines d'intervention sont très diver­si­fiés : le milieu sco­laire ne repré­sente aujourd'hui que 36 % du champ d'activité des quelques 3 200 psy­choé­du­ca­teurs qué­bé­cois. Depuis 2000, ils sont rat­ta­chés à l'ordre des conseillers d'orientation. Pour exer­cer l'un de ces deux métiers, il faut obte­nir un mas­ter spé­ci­fique (en "psy­choé­du­ca­tion" ou "orien­ta­tion et coun­se­ling") qui com­prend plu­sieurs mois de stages pra­tiques. Les spé­cia­listes tra­vaillant comme eux à limi­ter l'échec sco­laire et l'exclusion sont nom­breux au Québec : ortho­pho­nistes, ortho­pé­da­gogues, psy­cho­logues sco­laires... Pour les faire sor­tir de l'ombre, une cam­pagne d'affichage autour du slo­gan "Ne lâche pas! Une équipe de pro­fes­sion­nels est là pour t'aider à l'école" a été mise en place début mars au bord des auto­routes, dans la région de Montréal.


Sources : La Presse — 1er mars, OCCOPPQ

14.04.2010

Serbie : 85% des élèves du primaire victimes de violence

Le passé trou­blé de la Serbie agite aujourd'hui ses cours de récréa­tion. Pas moins de 85 % des élèves en der­nière année du pri­maire avouent ainsi avoir subi des vio­lences de la part de leurs cama­rades ! La police patrouille auprès de cer­tains établis­se­ments depuis plu­sieurs années, mais les agres­sions se mul­ti­plient. Les ensei­gnants ne sont pas épar­gnés : l'an der­nier, un pro­fes­seur de chi­mie de 61 ans a été battu par un élève. Il n'a pas porté plainte, comme la plu­part des vic­times, et c'est une vidéo en ligne qui a rendu l'incident public. Les fac­teurs de cette vio­lence sont nom­breux. A com­men­cer par l'histoire récente du pays. Une dizaine d'années seule­ment est pas­sée depuis la guerre au Kosovo (pro­vince serbe à forte pro­por­tion d'Albanais, qui s'est décla­rée auto­nome), et le pro­cès du pré­sident serbe Slobodan Milošević pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Dans ce pays pauvre, la plu­part des cri­mi­nels sont riches et bien por­tants, ce qui les désigne mal­heu­reu­se­ment aux jeunes comme des modèles à suivre. Une culture patriar­cale, une forte dis­cri­mi­na­tion envers les Roms, les homo­sexuels et les eth­nies mino­ri­taires ren­forcent le phé­no­mène. Par manque de moyens, seules 10 % des écoles pri­maires ont inté­gré des pro­grammes de lutte contre la vio­lence et la dis­cri­mi­na­tion, alors que la secré­taire d'État à l'Éducation Tinde Kovacs-Cerovic sou­hai­te­rait la mise en place d'une équipe de pré­ven­tion dans chaque établis­se­ment.


Sources : Transitions Online — 18 mars, Helsinki Committee for Human Rights in Serbia

14.04.2010

Angleterre : abandon d'un programme de soutien aux élèves surdoués

Les réac­tions sont miti­gées après l'annonce de la dis­pa­ri­tion du pro­gramme natio­nal "Gifted and Talented", qui offrait un sou­tien par­ti­cu­lier aux élèves du public supé­rieu­re­ment doués, ou à fort poten­tiel. Il déve­lop­pait les apti­tudes remar­quables de cer­tains enfants, dans des matières dites théo­riques (mathé­ma­tiques, langues...) ou plus pra­tiques (musique, arts plas­tiques, sport...) L'aide maté­rielle de l'État et l'implication de pro­fes­seurs spé­cia­li­sés per­met­taient d'offrir à ces élèves un réel plus par rap­port à l'offre de base de l'école : suivi per­son­na­lisé, sor­ties éduca­tives par­ti­cu­lières, cours sup­plé­men­taires avec des défis adap­tés à leur niveau... Certains membres du corps ensei­gnant regrettent la dis­pa­ri­tion de ce pro­gramme, qui favo­ri­sait l'ascension sociale. Ils craignent que les écoles publiques ne perdent avec lui un de leurs rares atouts face aux écoles pri­vées, et qu'une poli­tique d'éducation publique moins dif­fé­ren­ciée ne se tra­duise par un nivel­le­ment par le bas. D'autres voient par­tir avec sou­la­ge­ment cette ini­tia­tive par­fois per­çue comme élitiste, qui pla­çait les parents dans une logique de com­pé­ti­tion, et béné­fi­ciait trop rare­ment aux élèves issus de milieux défa­vo­ri­sés. Certains chefs d'établissement trou­vaient absurde de "tech­no­cra­ti­ser" ainsi le rap­port aux élèves talen­tueux, mais dans le contexte de coupes bud­gé­taires dans le sec­teur public, la dis­pa­ri­tion d'un sou­tien finan­cier de plus les pré­oc­cupe.


Sources : The Guardian — 2 février, Directgov

14.04.2010

Etats-Unis : beaucoup d'étudiants trichent sans le savoir

Les étudiants amé­ri­cains seraient de moins en moins conscients de la défi­ni­tion du pla­giat. Pour Tracy Mitrano, res­pon­sable de la charte infor­ma­tique de l'université Cornell (état de New York), il faut abso­lu­ment rap­pe­ler aux étudiants les attentes en matière de réflexion per­son­nelle dans leur tra­vail. Les codes de bonne conduite infor­ma­tique ne signi­fient plus grand chose, car les tech­no­lo­gies de l'information ont trop changé au cours des vingt der­nières années. Des sites web comme CourseHero mettent ainsi à la dis­po­si­tion de leurs usa­gers des résu­més de cours, et des sujets de devoirs ou d'examens déjà don­nés dans dif­fé­rentes uni­ver­si­tés du pays, accom­pa­gnés de copies notées ou de plans-types. Les étudiants ne se rendent sou­vent pas compte que l'utilisation de ces ser­vices est assi­mi­lable à de la tri­che­rie. Le par­tage de connais­sances sur ces sites est tolé­rable, mais pas la recherche de réponses spé­ci­fiques dans leurs annales. La fron­tière est mal­heu­reu­se­ment floue — comme dans le cas des étudiants ingé­nieurs, qui prennent de plus en plus l'habitude de résoudre les séries de pro­blèmes qu'on leur sou­met à l'aide de manuels recen­sant les formules-clés. Ou encore, le pro­blème que posent les cours d'informatique : les tra­vaux pra­tiques des années pré­cé­dentes sont faci­le­ment acces­sibles, car réuti­li­sés d'année en année pour élimi­ner un maxi­mum de "bugs".


Source : UWIRE — 1er avril