Revue de la semaine du 22 au 26 février 2010

24.02.2010

Québec : Les dyslexiques en grande difficulté

Au Québec, il ne fait pas bon être sup­posé dys­lexique. Les écoles répondent sou­vent aux parents inquiets qu'il fau­dra attendre que leur enfant ait accu­mulé deux ans de retard sco­laire pour pro­cé­der à un exa­men. Ou com­ment encou­ra­ger le décro­chage sco­laire, dans une pro­vince déjà for­te­ment tou­chée par l'absentéisme ! Devant le manque de consignes offi­cielles claires, les établis­se­ments rechignent à mettre en place une aide sur de simples pré­sup­po­si­tions. Cette situa­tion into­lé­rable a conduit de nom­breux parents d'élèves à inten­ter une action col­lec­tive en jus­tice contre le minis­tère de l'éducation et plu­sieurs admi­nis­tra­tions sco­laires locales en 2005. Ils sou­haitent que le dépis­tage de ce trouble du com­por­te­ment puisse avoir lieu dès la mater­nelle. Le dos­sier est tou­jours entre les mains de la jus­tice. En atten­dant le ver­dict, le gou­ver­ne­ment a fait un geste en adop­tant cet été la "loi 21". Celle-ci per­met la recon­nais­sance offi­cielle du diag­nos­tic de dys­lexie donné par un (neuro-)psychologue ou un ortho­pé­da­gogue, notam­ment. Jusque-là, seule la conclu­sion d'un ortho­pho­niste qua­li­fié entraî­nait la mise en place d'un sou­tien sco­laire appro­prié, après des mois d'enfer pour les enfants. Mais les moyens manquent, et les dys­lexiques décla­rés ne béné­fi­cient par­fois que d'1h30 d'orthophonie par mois. Sachant qu'il sera dif­fi­cile de four­nir l'encadrement adapté, les comi­tés éduca­tifs ne faci­litent pas tou­jours les démarches des parents. A Montréal par exemple, il faut encore obte­nir les signa­tures conjointes d'un ortho­pho­niste, d'un ortho­pé­da­gogue et d'un psy­cho­logue avant que la dys­lexie ne soit recon­nue...
Source : La Presse — 29 jan­vier 2010

24.02.2010

Etats-Unis : en plein Bronx, une école pour les mal-aimés

L'école pri­maire Haven Academy, située dans le Bronx, compte un tiers d'élèves pla­cés en famille d'accueil, un autre tiers sous sur­veillance de l'assistance sociale, et un der­nier tiers issu exclu­si­ve­ment du Bronx. Ces enfants, sou­vent vic­times d'abandons ou de mal­trai­tances, n'arrivent plus à trou­ver leur place dans un cur­sus sco­laire clas­sique. L'école Haven (lit­té­ra­le­ment, "Havre") a été fon­dée en 2008 pour les aider à pro­gres­ser en dou­ceur. C'est l'une des quelque 2 000 écoles "à charte" (char­ter schools) du pays, c'est-à-dire que son finan­ce­ment est public, mais sa ges­tion pri­vée. En l'occurrence, c'est une agence de pla­ce­ment d'enfants new-yorkaise forte de 140 ans d'expérience qui la pilote. Son per­son­nel éduca­tif com­porte un spé­cia­liste du com­por­te­ment, un assis­tant social, un éduca­teur spé­cia­lisé. Ainsi qu'un logis­ti­cien, qui gère le trans­port des enfants même en cas de démé­na­ge­ment, pour leur assu­rer au moins une sco­la­rité stable. L'école a reçu cette année 250 000 dol­lars de dons pour pré­ser­ver ses actions éduca­tives hors-normes, comme l'achat des nom­breuses balles anti-stress qui figurent parmi ses four­ni­tures sco­laires de base... Pour l'instant limi­tée à deux classes de mater­nelle toutes sec­tions, plus une de CP et une de CE1, elle sou­haite à terme accueillir 300 élèves en dif­fi­culté jusqu'en fin de col­lège.


Source : The New York Times — 7 février 2010

24.02.2010

Angleterre : dénoncer les universités les plus décriées par leurs étudiants ?

Les étudiants des uni­ver­si­tés publiques d'Angleterre et du Pays de Galles ont depuis cinq ans un libre accès à un média­teur indé­pen­dant, qui cen­tra­lise et traite leurs plaintes concer­nant les dis­cri­mi­na­tions, bizu­tages, har­cè­le­ments... mais aussi l'état de salu­brité des locaux, la qua­lité de la super­vi­sion des recherches, ou encore la qua­lité de l'enseignement en géné­ral ! Quand toute une classe se mobi­lise pour pro­tes­ter contre les méthodes d'un ensei­gnant, elle peut espé­rer gain de cause. Souvent, les solu­tions pro­po­sées prennent la forme de dédom­ma­ge­ments finan­ciers : 670 000 livres ont ainsi été dis­tri­buées en cinq ans. Le ser­vice est ano­nyme, mais publie chaque année des sta­tis­tiques géné­rales sur les dépôts de plaintes. L'année der­nière, le nombre de cas a aug­menté de 23%, pour atteindre 900 requêtes — un nombre encore faible com­paré aux quelque deux mil­lions d'étudiants concer­nés, mais la hausse annuelle est régu­lière. C'est pour­quoi le der­nier média­teur, en charge du sys­tème depuis 2008, envi­sage de publier le nom des uni­ver­si­tés les plus cri­ti­quées. Ses moti­va­tions sont mul­tiples : un souci de trans­pa­rence accru, mais aussi le rap­pel à l'ordre de cer­tains établis­se­ments. Les plaintes et juge­ments pour­raient par exemple être cités dans les médias. Cette mesure, encou­ra­gée par 79% des étudiants et des per­son­nels d'université, devrait natu­rel­le­ment conduire les uni­ver­si­tés à révi­ser leurs per­for­mances à la hausse.
Source : The Independent — 11 février 2010

24.02.2010

Brésil : 150 000 ordinateurs pour les élèves

Le gou­ver­ne­ment bré­si­lien s'est lancé en jan­vier dans la dis­tri­bu­tion de 3 000 ordi­na­teurs por­tables à des­ti­na­tion d'enseignants, afin qu'ils soient for­més à leur usage et à la connexion Internet sans fil. D'ici la fin de l'année, 150 000 ordi­na­teurs devraient suivre, à des­ti­na­tion des élèves de 300 écoles du pays, dans le cadre du pro­jet "Un ordi­na­teur por­table pour chaque enfant". Ce pro­jet coûte au gou­ver­ne­ment bré­si­lien 82 mil­lions de reais (près de cin­quante mil­lions de dol­lars). Il avait été sus­pendu en 2008 : la société sélec­tion­née à la suite de l'appel d'offres gou­ver­ne­men­tal avait pro­duit des ordi­na­teurs qui ne répon­daient pas aux cri­tères d'évaluation du minis­tère de l'éducation. Une deuxième com­pa­gnie a depuis pris le relais. La dis­tri­bu­tion vise en prio­rité les régions de Rio de Janeiro, Rio Grande do Sul, Sao Paulo, Tocantins –soit 4 sur les 26 que compte le pays– ainsi que le District fédé­ral, qui entoure Brasilia. Le gou­ver­ne­ment s'emploie à faci­li­ter l'achat d'ordinateurs à usage sco­laire dans les autres par­ties du pays, en par­ti­cu­lier via une exemp­tion fis­cale.
Source : China View — 8 jan­vier 2010

24.02.2010

Québec : grand désordre dans la lecture scolaire

Au Québec, il n'y a pas d'harmonisation dans le pro­gramme des lec­tures au secon­daire (qui compte cinq années, de 12 à 17 ans en moyenne). Le minis­tère de l'éducation publie en ligne des listes de lec­tures conseillées, mais chaque établis­se­ment effec­tue ses choix libre­ment. La seule consigne offi­cielle est d'aborder cinq oeuvres de genres lit­té­raires dif­fé­rents dans l'année. Dans les faits, per­sonne ne contrôle l'application de cette loi et le nombre d'oeuvres lues est sou­vent moindre. Plus grave, il y a peu de concer­ta­tion entre les ensei­gnants : cer­tains élèves qué­bé­cois étudient jusqu'à trois fois "L'Avare" ou "Les Trois Mousquetaires" dans leur sco­la­rité ! D'autres pro­fes­seurs choi­sissent de faire lire des suc­cès com­mer­ciaux comme "Twilight" ou "Harry Potter", plu­tôt que des clas­siques plus dif­fi­ciles d'accès. Le niveau de culture lit­té­raire est ainsi très inégal à l'entrée des uni­ver­si­tés. Pour cer­tains spé­cia­listes, c'est toute l'identité cultu­relle des élèves qui est mena­cée. Les pro­fes­seurs de lit­té­ra­ture ne veulent pas que le gou­ver­ne­ment choi­sisse pour eux des titres, mais ils appré­cie­raient que des époques ou cou­rants lit­té­raires cibles soient défi­nis pour chaque "niveau" du secon­daire, afin que les élèves aient un par­cours plus cohé­rent.
Source : La Presse — 30 jan­vier 2010