26.02.2009

Voici quelques propositions qui pourraient être entendues en cette période de réflexion sur l'enseignement secondaire...

Pour faire évoluer l'ensemble, il fau­drait redé­fi­nir les objec­tifs, mis­sions et méthodes de tra­vail des corps d'inspections et par là, les modes d'animation et d'évaluation des "équipes" d'enseignants, en trois points :
–1– L'animation péda­go­gique devant pri­vi­lé­gier le tra­vail d'équipe inter­dis­ci­pli­naire, avec une approche beau­coup plus glo­bale des acqui­si­tions cog­ni­tives et de la pro­gres­sion de chaque élève. Pour l'anecdote…… En 15 années en qua­lité de chef d'établissement, jamais un IPR ou IG n'ont pro­posé de réunir l'équipe péda­go­gique au com­plet d'une divi­sion, quelle soit de 2de, 1ère ou de Tle, pour en appré­cier la bonne pro­gres­sion d'ensemble !! C'est hélas la "défense", voire la pro­mo­tion et tou­jours l'hégémonie dis­ci­pli­naire qui a pré­valu……( défense des horaires / coef. Au bac / options aux concours/ etc…..)
–2– Les jeunes ensei­gnants devant être for­més en IUFM aux tech­niques de pro­jets et de thèmes, sup­ports péda­go­giques reliant les matières entre-elles et sur les tech­niques de conduite de classes hété­ro­gènes ( qui hélas sont deve­nues la règle ).Me reviennent à l'esprit des expé­riences menées du temps des 4èmes et 3èmes « Technologiques », où les équipes péda­go­giques assoyaient une bonne par­tie des ensei­gne­ments sur quelques thèmes trans­ver­saux, tels que l'eau, les éner­gies, la nature et autres ….. Chaque matière y trou­vait son compte pour faire le pro­gramme prévu et la quasi tota­lité des élèves s'accrochaient car l'intérêt res­senti par eux était fort et réel ! Là, le tra­vail en équipe était intense et essen­tiel et les élèves per­ce­vaient un sens et une fina­lité à tous les cours sui­vis.
–3– Les ensei­gnants ne devraient plus être évalués ni notés sur une seule pres­ta­tion péda­go­gique ponc­tuelle ( 1 à 2h d'inspection tous les cinq ans en moyenne actuel­le­ment !!… ), mais de façon col­lé­giale, par un entre­tien après un ou plu­sieurs cours, réunis­sant l'intéressé, l'équipe, l'IG ou l'IPR et le chef d'établissement ( n'en déplaise aux syn­di­cats ! ), de façon à ce que soient prises en compte dans l'évaluation pro­fes­sion­nelle, sa péda­go­gie, mais aussi son rayon­ne­ment, son impli­ca­tion à la vie et au "Projet d'établissement", la qua­lité de ses rela­tions avec les élèves, ses col­lègues, les parents, les par­te­naires, l'administration locale, etc……
De telles actions et d'autres à défi­nir et affi­ner contri­bue­raient à accroître la réus­site d'un plus grand nombre de jeunes. Mieux pris en charge et inté­res­sés dans le cadre de leur for­ma­tion ini­tiale au col­lège et/ou au lycée, sans avoir recours au sou­tien sys­té­ma­tique et/ou aux cours par­ti­cu­liers, qui ne consti­tuent qu'un pis aller, sans garan­tie de suc­cès !
Quels res­pon­sables, quels gou­ver­nants auront la luci­dité et le cou­rage d'une mise à plat du sys­tème et des remises en cause qui s'imposent ? Si on ne s'y attaque pas, il est à parier que les mêmes causes conti­nue­ront à pro­duire les mêmes effets de rejet pour ces 150 000 jeunes en échec chaque année sco­laire. Au-delà des reven­di­ca­tions, une remise en ques­tion de la part du corps ensei­gnant à tous les niveaux s'impose. Sinon, ils peuvent s'attendre à des évolu­tions néga­tives pour eux-mêmes et pour nos jeunes !
Il ne suf­fit pas d'en par­ler, voire de s'en gaus­ser à l'assemblée où sur les pla­teaux de TV, il faut sor­tir de la rhé­to­rique et des dis­cours sté­riles sans suites. Il devient urgent d'agir concrè­te­ment et de mettre fin au conser­va­tisme, aux habi­tudes et sur­tout aux cor­po­ra­tismes exacerbés...


André BATIGNES