17.10.2008
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Stéphanie Augereau : quand enseignement rime avec épanouissement

Professeur d'histoire-géographie dans un col­lège de Sablé-sur-Sarthe, une petite ville de 15.000 habi­tants, Stéphanie Augereau adore apprendre en même temps que ses élèves. Mais elle souffre par­fois des lour­deurs du système.

« On apprend chaque jour. Notre façon d'être et notre ensei­gne­ment changent, évoluent constam­ment. Pour moi, le bon­heur d'enseigner, c'est ça. » De son propre aveu, quand Stéphanie Augereau com­mence à ensei­gner, elle ne sait pas du tout com­ment fonc­tionne un ado­les­cent. Issue d'une famille de com­mer­çants, la jeune femme a tou­jours adoré l'histoire-géo, sans pour autant se des­ti­ner à l'enseignement. « Je vou­lais être jour­na­liste. Mais je pen­sais que mes résul­tats n'étaient pas assez bons pour inté­grer une école. J'ai donc entamé des études d'histoire et, comme bon nombre d'historiens, j'ai fini par me retrou­ver face à des élèves ». Difficile, donc, de par­ler de voca­tion.

Très vite à l'aise

Pourtant, dès ses débuts, Stéphanie Augereau a l'impression d'avoir trouvé sa place. « Je me suis sen­tie très vite à l'aise, tant au sein de l'établissement que vis-à-vis des élèves. Et je m'y suis épanouie très rapi­de­ment ». Cette décou­verte prend un goût d'autant plus par­ti­cu­lier qu'elle l'effectue comme sta­giaire au lycée Douanier Rousseau de Laval, dans l'établissement qu'elle avait elle-même fré­quenté. Passionnée d'histoire locale, membre d'une asso­cia­tion de mise en valeur du patri­moine, elle aime repous­ser les murs de la classe et emme­ner les col­lé­giens sur site. Malgré les lour­deurs admi­nis­tra­tives inhé­rentes à ce genre d'activités, les élèves de cha­cune des cinq ou six classes du col­lège de Sablé-sur-Sarthe où elle enseigne aujourd'hui sortent au moins une fois par an. « Il peut s'agir de sor­ties très courtes, ou de classes patri­moine qui durent trois jours, voire une semaine. A chaque fois, je m'instruis en même temps que les élèves ! »

Apprendre avec les élèves

Son épanouis­se­ment, Stéphanie Augereau le puise en effet dans le plai­sir de trans­mettre un savoir, mais aussi dans le sen­ti­ment de pro­gres­ser au contact des ado­les­cents. « On a affaire à des élèves qui évoluent, qui changent, qui sont tous dif­fé­rents, pas à des machines. Quand vous sor­tez de la fac, vous avez encore énor­mé­ment de choses à apprendre sur le plan péda­go­gique par exemple. » Actuellement en congé de for­ma­tion, pour pré­pa­rer l'agrégation, la prof d'histoire-géo avoue tout de même des moments de ras-le-bol cycliques. « C'est plus une las­si­tude par rap­port au sys­tème. Les pro­jets sont de plus en plus dif­fi­ciles à mon­ter. Et si un jour je m'use, ce ne sera pas à cause des élèves ! » Elle regrette aussi sou­vent le déca­lage entre l'image de l'école véhi­cu­lée par les médias et ce qu'elle vit au quo­ti­dien. Mais, bien vite, l'enthousiasme revient. « J'ai ensei­gné en Zep pen­dant cinq ans, dans le quar­tier des Sablons, au Mans. J'emmenais alors mes élèves dans la vieille ville. Certains n'y étaient jamais allés et n'avaient jamais vu la cathé­drale. Et quand ils me disaient avoir envie d'y reve­nir avec leurs parents, j'avais l'impression d'avoir réussi quelque chose ».

Patrick Lallemant


Stéphanie Augereau en cinq dates

1991 : Maîtrise d'histoire ancienne, au Mans
1992 : Obtient le Capes. Stagiaire au lycée Douanier Rousseau de Laval
1993 : Titularisée au col­lège d'Auneau, près de Chartres
1998 : Nommée en Zep, au col­lège Alain Fournier, au Mans
2002 : Nommée au col­lège Pierre Reverdy, à Sablé-sur-Sarthe

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