09.05.2008
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Hors-série Santé
Tous égaux devant les troubles mentaux (7/8)

Alors que le milieu sco­laire est connu pour être un contexte de tra­vail psy­cho­lo­gi­que­ment éprou­vant, la santé men­tale des ensei­gnants n'est pas, dans son ensemble, plus mal­me­née que celle des autres cor­po­ra­tions. Mais les risques psy­cho­so­ciaux (1) sont-ils les mêmes pour toute la com­mu­nauté éducative ?

Sommaire Hors-série

Une prise en charge médi­cale des ensei­gnants 'insuf­fi­sante et dis­pa­rate' (1/8) >> article

Comment faire quand ça va mal ? (2/8) >> article

Maladies conta­gieuses : com­ment se pro­té­ger ? (3/8) >> article

Fatigue des ensei­gnants : la décryp­ter pour la soi­gner (4/8) >> article

Quand la mâchoire fonc­tionne mal... (5/8) >> article

Les troubles mus­cu­los­que­let­tiques : un enjeu majeur de santé (6/8) >> article

Tous égaux devant les troubles men­taux (7/8) >> article

Conduites d'alcoolisation : les ensei­gnants plus fra­giles ? (8/8) >> article

Psychoses, troubles de l'humeur, troubles anxieux... La palette des mala­dies men­tales qui touchent les pro­fes­sion­nels de l'éducation ne dif­fère guère de celle qui concerne le reste de la popu­la­tion. « On trouve, chez les ensei­gnants, les mêmes patho­lo­gies, légères ou lourdes, bénignes ou graves, que chez les non ensei­gnants », témoigne Christophe Dhôte, médecin-chef du ser­vice de réadap­ta­tion du Centre de Santé Mentale et de Réadaptation de Paris (CMSRP) MGEN (2). « Ce qui, si l'on consi­dère que ces troubles sont engen­drés par des causes psy­chia­triques et non par la nature du tra­vail, est par­fai­te­ment logique ».

L'importance du bagage d'études

Pour ce pra­ti­cien chargé de remettre des per­sonnes (3) en rup­ture avec leur milieu pro­fes­sion­nel dans un cir­cuit d'activité, les milieux socio­cul­tu­rels des indi­vi­dus ont davan­tage d'influence sur la mala­die que les métiers en eux-mêmes. « D'un niveau de qua­li­fi­ca­tion pro­fes­sion­nelle à un autre, les troubles sont les mêmes mais le degré de sen­si­bi­li­sa­tion à la mala­die et, par consé­quent, l'accès aux soins sont eux bien dif­fé­rents. Et condi­tionnent la prise en charge de la patho­lo­gie. Un uni­ver­si­taire, un pro­fes­seur de l'enseignement supé­rieur ont plus de chances d'appréhender effi­ca­ce­ment (et à temps) leur pro­blème de santé qu'un ensei­gnant du secon­daire… qui a lui-même davan­tage de postes adap­tés ou amé­na­gés (4) qu'un pro­fes­seur des écoles. Bref, selon moi, les condi­tions d'accès aux soins psy­chia­triques étant liées de près au regard posé par les per­sonnes sur leur mala­die et ses solu­tions, la per­sis­tance des troubles men­taux chez les pro­fes­seurs varie en fonc­tion de leur for­ma­tion et de leur bagage d'études ».

Des fac­teurs aggravants

Si, pour le Docteur Dhôte, la nature des acti­vi­tés des ensei­gnants ne suf­fit pas à expli­quer l'apparition de la mala­die, elle consti­tue, en revanche, un fac­teur aggra­vant. « Les ensei­gnants sont en pre­mière ligne des pro­blèmes de société. Dans un contexte d'exacerbation des ten­sions tel que le milieu sco­laire, des per­sonnes fra­giles craquent rapi­de­ment. Les rela­tions que notre centre entre­tient avec l'Éducation natio­nale, via les ser­vices de pré­ven­tion des rec­to­rats, nous per­mettent de voir se des­si­ner les pro­blèmes en amont ». En effet, si une moi­tié des patients que le CMSRP reçoit dans ses diverses uni­tés lui est adres­sée par des méde­cins trai­tants et des psy­chiatres, l'autre l'est par les ser­vices de méde­cine pré­ven­tive des rec­to­rats de Créteil, Paris et Versailles avec qui une conven­tion de par­te­na­riat a été signée. Une alliance indis­pen­sable, pour le thé­ra­peute : « Les méde­cins ont besoin de postes avan­cés dans le monde du tra­vail qui ont eux-mêmes besoins d'éclaireurs dans le milieu du soin ».

Si cette forme de coopé­ra­tion s'avère essen­tielle pour per­mettre aux ensei­gnants de reprendre le che­min de l'école, la gué­ri­son men­tale et le retour au tra­vail sont-ils for­cé­ment liés ? « Loin de là, au risque d'étonner nombre d'actifs, un patient peut se sen­tir sou­lagé d'apprendre qu'il ne tra­vaillera plus. Le tra­vail est aussi bien une arme pour enfon­cer ceux qui souffrent qu'un outil pour conso­li­der une gué­ri­son ».

Marie-Laure Maisonneuve

(1) Pour en savoir plus sur cette notion, lire l'étude menée en 2005 par le Docteur J. Mario Horenstein (La qua­lité de vie des ensei­gnants) pour la MGEN.
(2)Liste des Centres de Santé Mentale MGEN.
(3) Des mutua­listes MGEN, dont un grand nombre d'enseignants, une fois sor­tis de la phase aiguë de leur mala­die.
(4) Plusieurs mesures peuvent être pro­po­sées à un ensei­gnant en dif­fi­culté. Pour en savoir plus, reportez-vous au deuxième article de notre Hors-série : "Comment faire quand ça va mal ?".


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